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Un parcours dans le passé

On peut fixer à 1095 l’année de création de notre village, si l’on se réfère au nom de Aubais, relevé pour la première fois sur un registre de l’époque. Encore n’est-il alors pas vraiment un village, l’habitat est constitué pour partie d’un ensemble d’exploitations réparties sur de grands espaces.

Depuis la population s’est montrée particulièrement fluctuante selon les époques, en fonction notamment des guerres, des épidémies ou des aléas économiques.

Au recensement de 1968 le village compte 900 habitants, il connaîtra par la suite un accroissement sensible, 2000 en 1999, fin de siècle, et près de 2600 aujourd’hui.

Particularité, tout un quartier d’Aubais, dit « Garigouille » est enclavé dans le territoire d’Aigues-Vives, tellement que ses habitants vivent, totalement à l’écart d’Aubais, à l’heure des aigues-vivois et de leurs commerces.

Mais ce fut dans les années 1930 et suivantes que le village connut sa pleine époque d’activité.

La viticulture en était peut-être la plus développée, avec tout ce qui en dérivait. Il y fallait en effet des tonneaux, il y avait pour cela à Aubais 7 ou 8 tonneliers, et de robustes chars pour les transporter, remplis, jusqu’à la gare, il y avait deux gares à Aubais ; une pour les marchandises et une pour les voyageurs. Et bien sûr des chevaux de trait pour tirer les chars, et pour abriter tout cela d’assez vastes dépendances avec une cour, parfois aussi une bergerie. Plus tard une cave coopérative vint centraliser ces opérations jusqu’au jour où du fait des arrachages programmés et d’accès à la retraite de coopérateurs la cave fut fermée et les viticulteurs restés en activité invités à porter leur récolte aux caves subsistantes de Calvisson et de Villetelle.

La culture des olives était également des plus importantes, au point qu’il y avait alors trois moulins à huile à Aubais et qu’à la saison se tenait sur la place du Château un grand marché aux olives où se retrouvaient acheteurs et producteurs venus de toute la région.

Le grand gel de 1956, en se prolongeant glaça les oliviers à cœur et marqua dramatiquement la fin de cette activité.

En voyant aujourd’hui l’énormité des vieilles souches demeurées au sol, on peut imaginer l’importance massive des oliviers qu’elles avaient portés et qu’il y a soixante ans le grand froid a tués.

De timides pousses en repartent et les olivettes se sont regarnies de jeunes et nouveaux oliviers. On y vient en famille « oliver », entendez récolter ses olives, que l’on va porter au moulin voisin, puisqu’il n’y en a plus à Aubais, et on vous y donne en huile d’olive l’équivalent de vos olives. Le grand chic serait d’avoir l’huile de ses propres olives, mais outre les difficultés de la chose, serait-ce bien les mêmes ?

Diverses cultures s’y sont substituées, dont celle des asperges, parfaitement adaptée au travail en famille tel qu’à Aubais on le pratique.

Pas de grosses entreprises sur le territoire d’Aubais qui auraient assuré au village une manne financière comme cela arrive pour certaines de nos communes voisines. De petits artisans offrent quelques emplois dont bénéficient généralement famille ou amis, d’autres s’établissent à leur compte car la volonté de rester au village est très ancrée chez les jeunes aubaisiens.

Mais de grosses sociétés, à quelques kilomètres d’Aubais, sont sources d’emplois, dont traditionnellement la Source Perrier où ont travaillé de nombreuses familles d’aubaisiens.

C’est jusqu’à cette même époque des années 1950 que s’est perpétuée la coexistence difficile entre les communautés catholique et protestante. Mais disons-le, à Aubais elle ne présentait pas l’extrême virulence qu’on a connue en d’autres temps ou en autres lieux.

Ici, on se connaissait, on se côtoyait, simplement on ne se mélangeait pas. Cette discrimination allait toutefois assez loin , il y avait alors le boulanger ou le cafetier des catholiques et celui des protestants, et il ne serait venu à l’idée de personne de transgresser ce choix établi. Et bien sûr encore moins et en aucun cas de mariage mixte.

Puis avec la venue au village de nouveaux arrivants qui n’y attachaient pas la même importance, les choses se nuancèrent., on se connut mieux, on participa ensemble à des manifestations communales, et les relations humaines prirent le pas sur les positions sectaires.

On a connu, plus de fanatisme au plan politique, entre les « rouges » et les « blancs », dans des temps plus anciens, mais là aussi les choses se sont calmées. Et même depuis déjà plusieurs scrutins, si certains ont probablement des préférences politiques, cela n’a plus marqué les listes en présence ni donné matière à polémiques.

Ajoutons qu’Aubais a marqué dans ces dernières années deux points forts dans la préservation et la mise en valeur de son patrimoine.

En premier lieu des fouilles archéologiques d’importance, diligentées par les services des monuments historiques sur la Chapelle romane de St Nazaire (XIVe S.) et son site ont permis des découvertes jusque là insoupçonnées, parmi lesquelles :

– Les fondations d’un Prieuré du XIIe S. jouxtant la Chapelle,
– Un ensemble d’environ 1500 tombes rupestres, taillées dans le roc aux dimensions des corps.

Dans la suite de ces recherches, de gros efforts de rénovation portant sur la Chapelle elle-même ont été entrepris, de telle manière qu’ils ont abouti en 2016 à son inscription au titre des Monuments Historiques.

Le Château d’Aubais bâti aux XVIIe et XVIIIe S. par Louis et Charles marquis de Baschi, et dont la façade se présente majestueusement au visiteur arrivant par la route de Sommières, était jusque là propriété privée et se dégradait faute de moyens pour les propriétaires. Une opportunité inespérée a permis à la Mairie d’Aubais d’en acquérir à des conditions exceptionnelles le Corps Central, où se trouve un escalier monumental réputé pour être en son temps l’un des plus beaux d’Europe, et qui a été classé Monument Historique.

La Mairie, qui en est désormais propriétaire, entreprend les travaux de rénovation qui s’imposent, et à l’issue desquels seulement la sécurisation y sera assurée et les visites permises.

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