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Souvenirs d’Histoire

L'Eglise

Sur la première, nous voyons les gendarmes envoyés pour faire l’inventaire de l’église au profit de l’Etat. C’est l’application de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat.

Le Temple était également concerné par cette loi. Mais comme il n’y avait pas de « richesses » il y avait donc moins de choses à répertorier.

Une résistance de paroissiens se construit menée bien souvent par les prêtres des paroisses et comme partout en France, Aubais résiste à “l’assaut” des gendarmes qui doivent appliquer la loi.

Une grosse compagnie est dépêchée et on peut voir à l’image une vingtaine de militaires qui visiblement tapent à la porte. Aubais compte alors moins de 800 habitants.
Nous pouvons imaginer que des paroissiens se sont barricadés à l’intérieur, bloquant l’entrée de l’église.

Sur cette deuxième photo, les militaires sont rentrés de force et ont sorti les « bloqueurs ». La force employée des deux côtés est bien visible comme le prouvent les dégâts sur la porte.

On y voit essentiellement des femmes et des enfants, avec le prêtre de l’époque au premier plan. Certains personnages sont munis de bâton mais nous ne les distinguons pas bien. Ils sont sûrement chargés du maintien de l’ordre pendant l’inventaire. Il y a une personne accroupie devant eux. On peut penser à un trublion qui s’est fait arrêter.
Le clocher date de 1746.

L’église est agrandie plusieurs fois – trois ou quatre fois – et elle date du 17e siècle.
Le toit s’est un beau jour effondré et il a été refait dans les années 50.

Une horloge était présente, mais n’est pas visible sur nos clichés. Cependant elle existe toujours et elle est aujourd’hui déposée au moulin de carrière. Elle date des années 1800. Son mécanisme est encore intact et pourrait être mis en fonctionnement comme à l’époque.

La porte sera refaite dans les années 2000.

La Gare

Cette photo daterait du début du XXème siècle au vu de la tenue et de la taille des platanes…dont l’un existe encore aujourd’hui.
Nous sommes durant la IIIe république qui s’étend de 1870 à 1940.
Pour rappel, Gaston Doumergue, qui est né à Aigues-Vives, a été président de la République de 1924 à 1931. Nous pouvons voir sa photo dans la salle du conseil de la mairie d’Aubais.
La gare d’Aubais a été créée en 1872. Ernest Pattus, n’est pas encore maire d’Aubais, mais conseiller.
Le bâtiment est de la même époque que celui de la mairie et des écoles, construit dans les dix ans qui suivront. Bâtir des écoles était en effet une préoccupation nationale à l’époque.
A droite de l’horloge, se trouve la porte d’entrée principale de la gare où l’on pouvait acheter ses titres de transports. L’auvent riveté est toujours visible.
La gare était située sur la ligne Nîmes-Montpellier.
On peut apercevoir le personnel de la gare et peu de voyageurs.
Peu de voyageurs car en effet à l’époque les gens étaient craintifs. Il y avait une polémique sur la vitesse de la machine, qui roulait à 20km/h, et l’on pensait que cela pouvait provoquer des malaises et d’autres étourdissements.
Polémique de l’époque concernant les nouvelles technologies !
Les wagons passagers étaient en queue de convoi pour éviter aux gens les inconvénients des fumées et des bruits liés à la machine.

Le train transportait essentiellement des marchandises, en particulier du vin, et des troupes de soldats. Il servait également à transporter le « fumier » marseillais.
Ce fumier avait la réputation d’être bon mais ce n’était en réalité que les déchets de la grande ville. Il était essentiellement composé de déchets médicaux comme du verre, du fer, des tissus et de la matière organique. D’ailleurs, on peut encore trouver aujourd’hui dans les alentours quelques fioles de verre.
Le besoin de matériaux et notamment de pierres était comblé par l’exploitation d’une carrière que nous connaissons tous aujourd’hui : c’est le lieu de notre déchèterie.
Ce bâtiment est un petit local technique permettant les pauses et les roulements des employés de maintenance ou des contrôleurs. Il est toujours possible de le voir ainsi que les aiguillages mais ils sont aujourd’hui situés sur des propriétés privées.
Le chemin de fer avait été réalisé sur l’ancienne voie romaine qui reliait le site d’Ambrussum à Sommières.
Nous sommes sûr que c’est bien Aubais car nous apercevons le panneau sur la façade.
Les platanes étaient privilégiés car ils créaient de l’ombre l’été et laissaient passer la lumière l’hiver.
Le grand panneau est un repère de positionnement du train à destination du mécanicien.
Pendant la 2e guerre mondiale, les Allemands ont démonté la gare pour récupérer le fer à destination de leur armement. Et cela marquera la fin de l’exploitation ferroviaire aubaisienne.
Aujourd’hui, la gare est un lieu privé, occupé par un jeune couple aubaisien amoureux de l’histoire du village.

Le Temple

Cette photo du temple daterait de 1910. Plusieurs éléments confirment cette datation : la taille des arbres, les vêtements portés par les gens et le porche composé de ses deux colonnes. Ce détail architectural fut le dernier élément de construction du temple et en termina les travaux.
Revenons sur la chronologie des différentes étapes:
En 1685, le temple se situait en face des halles. Il sera détruit pendant les guerres de religion. Une croix, visible encore aujourd’hui, symbolise son emplacement.

En 1828, c’est le début de la construction du temple que nous connaissons, mais sur un terrain privé !
Comme l’Eglise catholique ne voulait pas que ce nouveau temple soit trop proche de son église, c’est un particulier qui décida de faire don d’un de ses terrains, où les travaux pourront alors commencer.

Il sera le seul temple de la Vaunage à être orné de vitraux, ce qui le caractérise et le rend unique.

1905 marque la fin des travaux.
Lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le temple sera lui aussi sous l’application de la loi. Mais nous ne savons pas si cela a donné lieu à des incidents.

Si l’on considère ses caractéristiques architecturales, le temple marque une « frontière » de temps, selon que l’on se situe d’un côté ou de l’autre, à sa gauche ou à sa droite. Ainsi les constructions qui le suivent datent du 19e siècle tandis que l’on trouve une architecture clairement différente sur les bâtiments du «vieux » centre.

Les Halles

Cette photo date de 1913, comme l’atteste le marquage sur un pilier des halles.

Au dessus des halles se trouvait l’ancienne Mairie, qui resta à cet emplacement jusqu’en 1880.

La croix sur la droite représente l’emplacement de l’ancien temple détruit pendant les guerres de religions au 16e siècle.

Les halles étaient un marché où se vendaient les marchandises, souvent de production locale, pour les habitants d’Aubais. Le troc y avait la part belle.

La toiture originelle était en parefeuille mais elle s’effondra dans les années 40. Elle fut remplacée par de la toile éverite en tôle ondulée, dans les années 50 ou 60.

Sur la droite, il y a une autre fontaine donnant dans un puits. L’eau n’y était pas considérée comme potable car le tout-à-l’égout n’étant pas existant, le puits était pollué par les insalubrités.

On peut découvrir une fontaine d’eau « potable » tirée directement du Vidourle. L’eau potable est arrivée à Aubais en 1906 mais n’était pas encore distribuée dans les maisons. La canalisation serait toujours existante. A l ‘époque, le tout-à-l’égout n’existe pas, il faudra attendre les années 70 pour profiter de ce service.

Cette fontaine est encore visible aujourd’hui mais elle est désormais alimentée par le réseau d’eau potable du village.

Nous n’avons pas d’explication sur les 2 autres inscriptions. Simple fantaisie ou réelle signification ? N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous en savez plus…

Depuis 100 ans le village n’a pas tellement changé. La rue est rehaussée suite aux couches successives de goudron pour l’aménager et la rendre plus praticable.

Le Plan

Cette photo aurait été prise aux alentours de 1910.

Nous sommes sur le plan d’Aubais pendant la fête. Avec en piste un taureau de la manade Raynaud. Particularité des bêtes de Raynaud, la pointe de leurs cornes est bien noire tandis que le reste est blanc.

Vous remarquerez un petit symbole en forme de A sur le château qui est en fait une étoile. Signe marqué sur les façades des maisons dont les propriétaires n’étaient pas très généreux avec les jeunes de la fête.

C’est l’ancêtre des premières empegues que nous connaissons aujourd’hui.

Les théâtres n’existant pas encore, le plan est monté sur de tonneaux de vin et de charrettes.

Les razeteurs ne sont pas en blancs car à l’époque, ils n’existent pas ! Ce sont les locaux courageux qui s’employaient à jouer avec le taureau.